« A quoi sert un chrétien ? »

Chers amis,

Des « états généraux de la bioéthique » ont été lancés officiellement le 18 janvier pour quatre mois, en vue de la révision des lois de bioéthique de notre pays. La loi de bioéthique votée en 2011 prévoyait en effet, en raison des avancées technologiques continuelles, sa révision sept ans plus tard avec, au préalable, l’organisation d’un débat public sous forme d’états généraux par le Comité consultatif national d’éthique (CCNE).

Ces lois visent à encadrer et définir les limites de l’intervention de la médecine et des sciences sur le corps humain, afin de garantir le respect des droits fondamentaux de la personne et toute forme d’exploitation (comme le trafic d’organes). Au programme en 2018, des sujets très sensibles comme l’extension éventuelle de la procréation médicalement assistée (PMA) aux femmes homosexuelles ou célibataires ; la fin de vie ; le don d’organes ; les tests génétiques ; les recherches sur l’embryon.

En mai, le Comité consultatif national d’éthique élaborera un rapport de synthèse qui sera remis courant juin au Parlement. Nous ne pouvons nous tenir à l’écart d’un tel débat et rester muets devant d’aussi graves questions. Ni non plus craindre le débat qui s’offre à nous.

Il nous faut donc d’abord nous informer, par exemple en consultant des sites Internet comme : www.etatsgenerauxdelabioethique.fr le site d’Alliance vita : www.alliancevita.org et le site de la Fondation Lejeune : www.fondationlejeune.org. Ainsi « Alliance vita », association fondée au moment des premières lois de bioéthique il y a 25 ans, suivra et analysera les différentes étapes de ce processus de consultation qui fait appel à notre participation active.

Les évêques de France ont mis en place un groupe de travail d’évêques et d’experts sous la responsabilité de l’archevêque de Rennes, qui visera à associer les catholiques à ce débat et à faire entendre leur voix de manière solide et audible. Tout un défi ! Nul doute que le nouvel archevêque de Paris, Mgr Aupetit, médecin de formation, saura utilement s’impliquer pour que ces débats futurs aient la tenue, l’ampleur et la solidité qui s’imposent.

Dans un livre très utile au titre stimulant A quoi sert un chrétien ? (Cerf 2014), Jean-Guilhem Xerri évoque la contribution des chrétiens dans les questions touchant au début et à la fin de la vie humaine, avec « la reconnaissance inconditionnelle de la dignité de tout être humain depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelle ». La méthode ne consiste sans doute plus aujourd’hui à édicter des positions qui tomberaient d’en haut, d’une manière qui s’imposerait presque naturellement au plus grand nombre.

Pour autant, comme citoyens et comme chrétiens, en disciples du Créateur et Sauveur de toute vie jusque dans la vie éternelle, nous pouvons et devons nous impliquer : prier, réfléchir, nous former, en parler autour de nous.

« Ce n’est pas une question religieuse, mais bien anthropologique, qui concerne tout le monde. Tout dans l’homme peut-il être touché, manipulé, modifié ? (…) Or, il y a un fondement naturel à la base de l’homme, ou, si vous voulez, il y a du commun en tous qui s’appelle l’humanité ou la dignité, toujours inviolable et inaliénable. S’il n’y a pas ce commun, alors certains décideront du sort des autres ! Et puis, veut-on vraiment fabriquer des hommes hors-sol comme l’on fabriquerait des tomates hors-sol ? Cela n’aurait aucun sens et serait très dangereux, au point de donner lieu à des dérives totalitaires. Il est encore temps de se réveiller, et de réveiller nos consciences. Celles des chrétiens, mais de tous les Français aussi » (Mgr Gosselin, évêque d’Angoulême, membre du groupe de travail de la Conférence des évêques de France sur la bioéthique).

Je lance un appel à tous ceux qui voudront et sauront, dans notre paroisse, nous aider à faire œuvre de discernement concernant ces grandes questions.

Père Eric de KERMADEC, curé

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