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Il y a 5 ans, lors de mon arrivée dans ce qui était alors l’« Ensemble paroissial Presqu’île Sud » – devenu « paroisse Ste Marie en Presqu’île » il y a 2 ans et demi –, j’avais commencé par vous remercier de m’accueillir dans la foi comme votre nouveau curé. J’arrivais en effet parmi vous depuis l’île de La Réunion, j’arrivais porté par votre foi qui rencontrait la mienne, foi dans une mission reçue de Dieu, dans son Eglise, à travers l’appel de notre archevêque le cardinal Barbarin.

J’avais été frappé que la Providence, presque à l’improviste, par 2-3 rencontres inattendues, vienne immédiatement souligner un aspect qui m’a toujours tenu à cœur et que je n’ai eu de cesse de vous rappeler : la dimension fraternelle de la vie chrétienne. « Chez les Pères de l’Eglise des 8 premiers siècles, avait écrit un spécialiste, le Père Dujarier, le mot « Fraternité » est l’un des noms de l’Eglise, c’est même son nom spécifique, c’est son nom propre » (P. Michel Dujarier, article de déc. 2004).

Cette « Fraternité », « Fraternité » dans le Christ, et qui vient de lui, est d’abord un cadeau à accueillir. Elle est aussi une tâche à accomplir : une fraternité à vivre, à choisir, à bâtir sans cesse, dans la prière, les gestes concrets, la proximité effective, la conversion de chaque jour.

Le Pape François a parlé du « plaisir spirituel d’être un peuple », c’est-à-dire de cheminer ensemble, d’oser nous rencontrer vraiment, d’« entrer en contact avec l’existence concrète des autres et de connaître la force de la tendresse » (EG 270). J’ai donc voulu fortifier, nourrir et encourager la dimension fraternelle, communautaire de notre vie chrétienne. Notamment à travers la lettre que je vous ai adressée en mars 2018 : « L’Evangile de la rencontre et de la fraternité ».

Dans toutes nos équipes, dans tous les services de la paroisse, dans tous nos projets, nous avons essayé d’être au service d’une communion qui soit et fraternelle et missionnaire. Sans opposition entre les deux, bien au contraire !

Tout en poursuivant la plupart des activités qui existaient à mon arrivée – et que je ne pourrai pas mentionner, tant elles sont nombreuses ! – nous avons pu lancer de nouveaux projets :

  • les parcours Alpha,
  • les fraternités 0-5 ans pour les jeunes couples,
  • les fraternités de la Parole post-Alpha,
  • les servantes de l’assemblée à St Martin,
  • l’aumônerie des collégiens,
  • le Monastère invisible,
  • les Dimanches autrement,
  • la table ouverte du mercredi,
  • le catho-foot des servants d’autel et des papas,
  • une fraternité pour jeunes pros après les JMJ de Cracovie,
  • l’association Notre-Dame des Berges au service de l’accueil des migrants et réfugiés,
  • l’accueil des nouveaux arrivants,
  • l’adoration des jeudis soir à Ste Croix,

et j’en oublie certainement d’autres.

Nous avons vécu de belles journées paroissiales festives, familiales, en début et en fin d’année, puis lors des 4èmes dimanches de Carême le dimanche de Laetare. Nous avons vécu de belles veillées après la canonisation de Louis et Zélie Martin, lors de la dernière fête de la Pentecôte, lors de la Mission du 8 décembre. Nous avons vécu tant de belles célébrations (mariages, baptêmes, confirmations, vœux religieux, funérailles chrétiennes), nous avons prié et supplié ensemble, chaque jour, mais aussi de manière plus tragique lors des obsèques de Caroline, victime lyonnaise des attentats au Bataclan… Nous sommes partis ensemble à Châteauneuf de Galaure, à la Grande Chartreuse, à La Louvesc, nous sommes allés en bateau sur la Saône ! Nous sommes partis en pèlerinage en Terre sainte, à ND du Laus, à Assise, dans le désert marocain, à Lourdes…

Nous avons accueilli le cardinal Barbarin lors de sa visite pastorale du 11 au 15 février 2017, qui fut un sommet et un temps fort de communion avec lui et entre nous. Je garde en particulier le souvenir de sa première journée du samedi 11 février, avec un programme impressionnant : le matin, rencontre avec les fiancés et les équipes de préparation au mariage, rencontre de remerciement des bénévoles, rencontre des membres de l’EAP ; l’après-midi, catho-foot et rencontre des servants d’autel , puis rencontre des équipes baptême et célébration de 2 baptêmes, messe avec sacrement des malades donné à plus de 60 personnes ; le soir, veillée mariale concert avec 130 jeunes choristes ! Cette première journée l’avait marqué !

Le lendemain, c’était l’accueil sur la passerelle St Georges, puis l’arrivée solennelle et festive place d’Ainay avec policiers à cheval, groupes des SUF et des SGDF, petit déjeuner avec nos amis de la rue et messe solennelle d’inauguration de la nouvelle paroisse… Sans oublier, les jours suivants, la rencontre des élus à la mairie du 2e, la visite de plusieurs commerçants, de quelques écoles et institutions du quartier et d’autres équipes paroissiales et communautés voisines…

Moi-même, comme curé, j’ai essayé le plus possible d’aller à la rencontre de tout le monde, de toutes les générations : enfants, jeunes, couples et célibataires, anciens, communautés voisines, etc. J’ai voulu vous connaître si possible par votre nom et votre prénom, vous visiter, connaître vos familles, et donner le témoignage d’un pasteur qui ne soit pas « débordé » – un mot que je n’aime pas – mais proche et le plus accessible possible. Ce qui n’a été rendu possible – et partiellement réussi – que grâce au soutien efficace et compétent de l’équipe mission de la maison paroissiale et à l’engagement bénévole de tant de vous tous. Votre générosité dans le don de votre temps m’a souvent impressionné !

Alors comment vous remercier assez, pour vous d’abord ! Pas d’abord pour ce que vous faites ou avez fait, mais pour ce que vous êtes, pour votre présence, comme « pierres vivantes » de l’Eglise, de la paroisse, qui est riche de vos personnes, de vos familles, de vos désirs, de vos élans ! Le psaume 132 le dit admirablement : « Oui, il est bon, il est doux pour des frères de vivre ensemble et d’être unis ! On dirait un baume précieux, un parfum sur la tête… on dirait la rosée de l’Hermon qui descend sur les collines de Sion. C’est là que le Seigneur envoie la bénédiction, la vie pour toujours ».

Un merci spécial va au P. Eric Mouterde, pour son soutien au milieu de toutes ses responsabilités dans le diocèse et pour le relais qu’il va assurer comme administrateur de la paroisse ; à nos diacres permanents, Michel Orecchioni et Olivier Guyotat, aux membres de l’Equipe d’Animation Paroissiale et des Relais, aux membres du Conseil économique, à tous ceux qui se donnent avec cœur, ici, fidèlement, au service de la vigne du Seigneur, ceux que l’on voit et tous les autres.

Au commencement de ma mission ici, je me suis remis tout entier entre les mains de Marie, ma Mère et ma Reine. Je lui confie la suite, ici et là où l’Eglise m’appelle à partir de la rentrée.

Que Jésus ressuscité bénisse abondamment sa paroisse qui porte le si beau nom de sa Mère : sainte Marie… en presqu’île !

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