Marie, figure de l’Eglise

Le dernier chapitre de la Constitution dogmatique sur l’Église « Lumen Gentium » du Concile Vatican II parle de la bienheureuse Vierge Marie, mère de Dieu dans le mystère du Christ et de l’Église. Ce magnifique texte fut adopté définitivement le 21 novembre 1964 par 2151 oui et 5 non.

Il nous dit avec force que Marie est figure de l’Église. Ce que je comprends ainsi : L’Église, pour se dire, prend la figure de Marie. Marie est figure pour l’Église. Elle ne saurait donc être seulement l’objet d’une dévotion facultative ou d’une «dévotionnette » pour âmes pieuses ou coeurs endoloris. Elle est au sein du christianisme, une sorte de passage obligé. Dis-moi quel est ton mode de perception de Marie, je te dirai quelle est ta conception de l’Église. Curieux, non ?

Quand l’Église entend souligner sa pauvreté, son refus de moyens clinquants, la nécessité pour elle de se convertir encore et encore à l’Évangile de Jésus, elle célèbre Marie dans la pauvreté de Nazareth, pauvre parmi les pauvres, accueillante et miséricordieuse, servante et disciple de son Fils, présente au pied de la Croix, présente au Cénacle parmi les Apôtres. Et c’est une des lignes maîtresses du second Concile du Vatican, même si, dans les textes signés, il a fallu faire des concessions à une minorité.

Dis-moi comment tu vois Marie et je te dirai comment tu vois l’Église. La vois- tu trônant glorieuse, souveraine, toute-puissante sur son Fils et disant «OUI» à toute demande ? Demande-toi alors quelle image de l’Église correspond à une telle vision. La vois-tu humble, active, audacieuse, elle-même pauvre, sachant dire «OUI» et «NON»? Pose- toi la même question. Et si dans ta vie, il n’y a aucune place pour Marie, demande-toi quelle place tu fais à l’Église, à sa tâche et à sa mission.

Et plus le temps va, plus je trouve préciseuses les intuitions du fondateur des Maristes, le père Jean-Claude Colin, sur Marie. Il la voit figure de miséricorde et non de condamnation, pauvre parmi les pauvres à Nazareth, disciple parmi les Apôtres au Cénacle. Et je me demande quels choix pour l’Église ici s’expriment, en sachant dire «OUI» et «NON».

Père Philippe Dealberto, Mariste+