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Chers amis,

Il y a quelques années, j’étais en Irlande pour la messe chrismale, dans le diocèse de Galway, tandis que toute l’Eglise d’Irlande traversait une crise sans précédent concernant son clergé. Ce qui conduirait à des actions fortes de Benoît XVI pour y remédier, tâche que poursuit aujourd’hui avec vigueur notre pape François dans l’Eglise universelle.

L’évêque de Galway, donc, prononça alors une homélie qui m’a marqué. Il évoqua un renouveau indispensable, qui est d’abord l’œuvre de Dieu, et qui passe par les saints qu’il nous envoie et qu’il façonne.

Un renouveau qui réclame du silence, comme ce silence dont nous parle le Livre de l’Apocalypse : « Quand l’Agneau ouvrit le septième sceau, il y eut dans le ciel un silence d’environ une demi-heure »(Ap 8, 1). Silence qui attend, rempli de la présence de Dieu, rempli de sa parole reçue et écoutée attentivement. Comme nous avons besoin de ce silence !

Un renouveau qui ne peut venir que d’une écoute renouvelée, dans l’obéissance du cœur, du dessein de Dieu. Et ce dessein passe par la croix – toujours – pour déboucher sur la victoire de la Résurrection.

Mais impossible d’entrer dans le mystère de la croix – le mystère n’est pas quelque chose qu’on ne comprend pas mais quelque chose qu’on n’a jamais fini de comprendre – si l’on ne prie pas ! Jésus est mort en priant, unissant sa volonté humaine à celle de son Père, nous sauvant par son obéissance. A sa suite, nous sommes invités à donner notre vie aux autres d’abord par la prière, c’est-à-dire par l’offrande à Dieu de nos vies et de nos croix – nos combats personnels -, offrande unie à celle du Christ que chaque célébration de l’Eucharistie nous rend présente. C’est d’abord pour cela qu’existe la messe !

« There is no ring road around Calvary »– il n’existe pas de contournement, de « déviation » qui nous permettrait d’éviter de passer par le Calvaire ! C’est quand nous fuyons la croix qu’elle nous fait le plus mal… Lorsque nous l’accueillons dans nos vies, de la part de Jésus, unis à lui qui l’a traversée dans l’obéissance à son Père, nous passons, nous aussi. Avec lui. Et si nous sommes dépouillés, c’est pour être mieux habillés par le Seigneur lui-même, revêtus de sa tendresse et de sa force, comme au jour de notre  baptême.

Ainsi, l’Eglise emprunte le chemin de son Maître et le révèle alors davantage. Et l’épreuve se transforme en grâce. N’ayons donc pas peur des vents du moment ! Et tenons bon, humblement et fermement. La vertu clé qui doit nous accompagner, c’est bien l’espérance, car lorsque nous expérimentons le Calvaire, la Résurrection n’est pas loin… Que Marie – Ste Marie en Presqu’île – nous aide !

P. Eric de KERMADEC, curé

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