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Chers amis,

Nous venons de célébrer intensément, dans la beauté et dans la joie, la Mort et la Résurrection de Jésus notre Seigneur ! Et nous voici projetés dans le temps pascal : 50 jours pour entrer dans la nouveauté chrétienne ! Pour en explorer au fil des jours toutes les dimensions : tout ce qui change en nous depuis que le Christ est ressuscité, depuis que sa Résurrection nous a rejoints par le baptême…

Si notre vie chrétienne est parfois ennuyeuse, insipide, n’est-ce pas parce que nous n’avons pas saisi suffisamment la nouveauté que nous apporte la victoire de Jésus ? Il y a quelques semaines, je demandais à des enfants du catéchisme de quoi au juste Jésus était vainqueur à Pâques. Les réponses fusèrent : « Du péché ! Du mal ! De la mort ! De Satan !… ». « De tout ! », répondit l’un d’entre eux. Il avait tout compris ! C’est cette victoire totale que nous accueillons durant la grande nuit de Pâques, que nous essayons d’accueillir, humblement, mais résolument, durant le temps pascal.

Les témoins nous enseignent souvent mieux que les discours. L’un d’entre eux, à qui nous avons spontanément pensé lors de l’incendie de Notre-Dame de Paris, l’a exprimé puissamment : Paul Claudel (1868-1955), converti en un instant le soir de Noël 1886, à l’âge de 18 ans. Écoutons-le :

« En un instant, mon cœur fut touché et je crus. Je crus, d’une telle force d’adhésion, d’un tel soulèvement de tout mon être, d’une conviction si puissante, d’une telle certitude ne laissant place à aucune espèce de doute que, depuis, tous les livres, tous les raisonnements, tous les hasards d’une vie agitée, n’ont pu ébranler ma foi, ni, à vrai dire, la toucher… Ces quelques heures m’avaient suffi pour me montrer que l’enfer est partout où n’est pas Jésus-Christ. Et que m’importait le reste du monde auprès de cet Être nouveau et prodigieux qui venait de m’être révélé ? »

Sur le chemin de la vie chrétienne authentique, la plus joyeuse et la plus réelle, la plus concrète, faite de foi et d’amour donné, nous accompagne la Vierge Marie. Notre paroisse porte son nom. Lyon aime Marie et lui dit merci pour ses interventions au cours de son histoire. Savons-nous apprécier, dans la foi, la présence et la protection de celle qui, debout au pied de la croix, a entendu Jésus lui révéler sa maternité sur tout homme, sur chacun d’entre nous ?

Le mois de mai – qu’on appelle volontiers le mois de Marie – ne serait-il pas l’occasion de se rapprocher d’elle ? De la prier ? Pourquoi pas avec la prière des pauvres : le chapelet… Sur nos dix doigts, avec un chapelet, un dizainier… Quand je vois tant de personnes dans la rue manipuler de manière quasi compulsive leurs smartphones de leurs dix doigts, je me dis qu’il ne serait sans doute pas si désuet d’utiliser nos doigts pour redire à Marie que nous l’aimons, que nous lui confions tout. Avec le cœur. Dans la foi. On essaie ?

P. Eric de KERMADEC, curé

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