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« N’ayez pas peur ! » (saint Jean Paul II)

Nous rêvons tous d’une Eglise toute belle, toute pure, à l’image de la Vierge Marie dont nous fêtons la Nativité le 8 septembre. En Marie se reflète toute la sainteté lumineuse qu’elle reçoit de Dieu, et qui est notre vocation à tous : être, devenir cette Eglise à laquelle nous croyons, « une, sainte, catholique et apostolique ».

Lorsque nous sommes un peu submergés par le climat de « révélations » successives qui accompagne notre rentrée, concernant des clercs qui ont gravement blessé, de multiples manières, les victimes de leurs agressions et la confiance spontanée des fidèles, nous pouvons éprouver un sentiment de scandale (étymologiquement : ce qui fait tomber). Une tentation peut alors arriver dans nos esprits : se lamenter, demander des comptes, vitupérer, comme si l’Eglise était un corps purement institutionnel, comme si nous regardions l’Eglise de l’extérieur…

Le 20 août, suite à un rapport accablant venu des Etats-Unis, le pape François a adressé une « Lettre au Peuple de Dieu », inédite, au ton direct et sans ambages. On perçoit sa douleur de pasteur devant trop de drames, devant cette « culture de mort » qui est évidemment aux antipodes de l’Evangile de notre Seigneur bien-aimé. Il nous convie à une réaction sans précédent pour le présent et pour l’avenir, faite de conversion, personnelle et communautaire, au moyen de la prière et du jeûne : « que l’Esprit Saint nous donne la grâce de la conversion et l’onction intérieure pour  pouvoir exprimer, devant ces crimes d’abus, notre compassion et notre décision de lutter avec courage » (fin de la lettre).

Une pétition malheureuse demandant le départ de notre cardinal Barbarin – alors que la justice a rendu le 1er août 2016 une décision motivée de classement sans suite au sujet de sa gestion de ce qui est devenu l’affaire Preynat, établissant qu’il n’y avait pas eu d’infraction de sa part – est venue en fait brouiller le message du pape, le noyant sous des invectives déplacées. Il est heureux que se soit alors élevée la voix de ceux qui furent parmi ses proches collaborateurs pour témoigner, dans une tribune de La Croix du 29 août, de l’attitude et de l’engagement sans complaisance de Mgr Barbarin dans ces affaires difficiles.

Livrons-nous résolument, humblement, sans précipitation, au travail de l’Esprit Saint, qui ne cesse de sanctifier l’Eglise dont il est en quelque sorte l’âme, mais ne laissons pas le découragement ou la morosité nous atteindre ! Nous le savons, l’Eglise est faite de pécheurs en chemin – nous tous – à ce titre elle est toujours vouée aux transformations de la miséricorde. Mais elle est aussi et d’abord sainte, en tant qu’elle se reçoit tout entière de Jésus, qui s’est donné à elle et lui donne jour après jour, dans sa Parole, dans les sacrements, dans la charité vécue, la Vie de son Cœur : l’Esprit Saint. Alors bonne rentrée à tous, chers amis, dans le souffle de l’Esprit Saint !

Père Eric de KERMADEC, curé
édito septembre 2018

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